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| Cinq sur cinq
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Jean-Marie Adatte
Dérapages
Jean-Marie Adatte signe des nouvelles haletantes et hantées qui disent le
tremblement de notre temps. Une expérience forte (…) Des personnages entêtés
et entêtants que le texte, que la forme se plaît à dissimuler, pour délivrer
les plaies peu à peu avec une délicatesse sombre, une cruauté sobre, mais
sans jamais se soucier de séduction (…) Des nouvelles cruelles et sans
concession qui questionnent le dérèglement de l'homme et l'acte d'aimer
écrire, d'écrire aimer et d'ensanglanter l'amour écrit.
Mais que Jean-Marie Adatte a du talent! Cet enseignant jurassien à la
retraite a du coffre (littéraire...) quand il s'engage par le biais de la
nouvelle dans l'errance géographique. Et engage le lecteur dans une alchimie
essentielle: la marche, la déambulation réflexive (…) L'écriture de
Jean-Marie Adatte a cette générosité. Etre au monde, y engloutir son moi
pour vérifier ce qui en ressurgit.
Jean-Marie Adatte plante un décor faussement banal pour des personnages
dont la vie se trouve à un tournant qu'ils ne savent pas comment prendre. Du
caractère pour une écriture sans chichi, mais travaillée, poétique et
habitée.
Je tiens L'homme qui aimait les vécés pour le plus fort des cinq récits.
Bien peu d'écrivains, à ma connaissance, ont su évoquer avec autant de
crédibilité l'insignifiant, décrit et commenté comme d'autres décrivent
l'essentiel (le tragique, l'âme tourmentée et tout le fourbi). Je ne compare
cette prouesse qu'à celle de Queneau dans Les derniers jours.
Jean-Marie Adatte possède la faculté de se mettre dans la peau des
autres, que ce soit celle d'une femme, d'un accidenté de la route ou d'un
chat. Son imagination est vive, sa sensibilité au paysage remarquable.
Adatte excelle à explorer le clair-obscur des êtres qui s'enferment dans
leurs secrets, et qu'une circonstance imprévue de la vie brusquement libère
ou au contraire anéantit. Un très beau livre à découvrir.
Précise et délicate, épurée, la plume de Jean-Marie Adatte exprime à
merveille les sentiments les plus troubles au fil des cinq nouvelles de
"Dérapages", (…) autant de sujets graves où pointe souvent l'humour,
derrière l'élégance du style. Un régal.
Je relève des passages dont le style m'a semblé à la fois éblouissant et
juste, lyrique et mesuré: une sorte de grâce s'installe dans l'écriture
même, grâce due à l'évidente beauté des choses.
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